Adhérer
Actualités

Qu’est-ce qu’une mare ?

Publié le 17/07/2017 dans Zones humides
Qu’est-ce qu’une mare ?
  • Définition

Petites étendues d’eau stagnante de faible profondeur, les mares sont visibles dans différents types de milieux (forêts, champs, lotissements, …). Ces écosystèmes fermés (aucune arrivée ni sortie d’eau par des cours d’eau), dont bon nombre ont été façonnés par l’Homme (abreuvoir, stockage, …), possèdent un intérêt écologique. En effet, elles sont des lieux de vie et de reproduction pour une flore et une faune diversifiées, abondantes et souvent rares.

Les mares constituent un patrimoine fragile et menacé car oubliées, polluées voire comblées ; en France, on estime que 50 % des mares ont disparu depuis 1950 ! Elles représentent un écosystème original et plutôt discret, dont le fonctionnement est intimement lié au milieu environnant. Très changeantes, elles peuvent être permanentes ou temporaires, ensoleillées ou ombragées, ou encore subir de fortes variations de température. C’est cette complexité qui est le secret de sa biodiversité.

Photo d'une mare forestière envahie par la petit lentille d'eau (Lemna minor)
  • Diversité

Dès qu’une mare est créée, elle peut être assez rapidement colonisée par des plantes et/ou des animaux. La présence de l’eau favorise l’installation des êtres vivants, les plus visibles étant les plantes :

  • les plantes enracinées autour de la mare sont des hélophytes : leurs racines se développent dans des sols très humides. La partie aérienne reste en partie émergée (roseau, massette, joncs, etc.) ;
  • les plantes dans l’eau sont des hydrophytes : elles ne peuvent vivre que dans l’eau. Certaines sont enracinées, d’autres flottantes (lentilles d’eau, nénuphars, etc.).
Schéma de la végétation d'une mare

Les animaux se superposent à la végétation en place ; ils y trouvent : nourriture, défense contre les prédateurs et les variations climatiques, lieu de reproduction, abri. L’eau et la présence de végétaux attirent les animaux ; ils viennent s’y nourrir, s’y cacher, s’y reproduire. Chacun possède des adaptations particulières, en fonction de sa niche écologique (place occupée par une espèce dans un écosystème), mais également en liaison avec leur mode de vie particulier qui se situe à la frontière de deux mondes : le milieu aérien et le milieu aquatique.

La végétation : elle est utilisée comme abri contre les prédateurs par de nombreuses espèces et également comme lieu de reproduction, les feuilles et les tiges permettant d’accrocher les pontes pour des poissons, des insectes, les amphibiens…

Le fond : vaseux ou limoneux, pourvu de débris végétaux, abrite les détritivores et sert parfois d’abri (enfouissement) et de lieu de chasse.

L’eau libre : est le lieu de chasse de nombreux prédateurs et de consommateurs de zoo et/ou phytoplancton.

La surface : peu d’espèces fréquentent la surface ; son occupation nécessite d’importantes adaptations : marche sur l’eau, vie « mixte » aquatique et aérienne, comportement de fuite.

Photo de faune aquatique que l'on peut retrouver dans une mare (larve de libellules, larves de demoiselles, notonecte, ...)
  • Evolution

Qu’elles soient d’origine naturelle ou artificielle, les mares privées d’entretien se comblent naturellement. Cette évolution naturelle résulte de processus agissant et s’influençant mutuellement : le comblement, l’atterrissement et l’envahissement.

Les mares sont des milieux relativement clos, à eaux stagnantes où s’accumulent divers matériaux (végétaux morts, cadavres d’animaux,…) au fond de l’eau : c’est le phénomène de comblement. Il peut s’accélérer en cas d’eutrophisation du milieu, c’est-à-dire d’enrichissement en éléments minéraux (nitrate, phosphates, …) dû, par exemple, à la pollution par les effluents domestiques et agricoles, qui se traduit ici par une prolifération des végétaux.

Les mares peuvent être progressivement colonisées par la végétation aquatique (roseaux, joncs…) qui s’organise en ceintures progressant vers son centre, diminuant fortement les zones d’eau libres au fil du temps : c’est le phénomène d’envahissement.
Au-dessous, l’eau est privée de lumière, la photosynthèse ne se réalise plus. La mare manque ainsi d’oxygène et les décomposeurs sont asphyxiés, la matière morte s’accumule plus vite,  c’est l’atterrissement.

Photo d'une mare qui tend à se refermer
  • Gestion

Les mares n’ont plus les mêmes usages qu’autrefois, mais elles ne sont pas devenues inutiles pour autant : retenir les eaux de pluie, empêcher les inondations, assurer un usage récréatif, et participer à la préservation des zones humides et de la biodiversité. La gestion d’une mare nécessite quelques précautions pour perturber au minimum la vie s’y développant, tout en la stimulant. L’idéal est de garder un aspect naturel en évitant les aménagements trop artificiels, tout en limitant au strict minimum les interventions nécessaires pour assurer sa pérennité :

– La curer modérément pour éviter qu’elle ne se comble tout en assurant son étanchéité ;

– Ne pas construire de bords abrupts qui empêchent les animaux de venir dans la mare ;

– Permettre le développement des végétaux autour de la mare qui constituent des caches pour les animaux, mais pas trop non plus pour éviter la fermeture rapide du point d’eau ;

– Laisser quelques arbres autour de la mare pour favoriser l’ombrage ; trop d’arbres déposent trop de matière organique dans la mare (feuilles, branches) ;

– Canaliser et surveiller les écoulements d’eau de pluie qui amènent les sels minéraux, pour éviter l’eutrophisation ;

– Éviter l’apport de substances nocives, contrôler et limiter si possible l’apport des eaux usées.

Schéma de formes de mares à privilégier (Zones Humides Finistère )

Rédigé par Sarah POTIER-GIQUEL

Image_Service_civique
  • Références

  • Loiret Nature Environnement, 2013. Comprendre la mare à travers sa biodiversité, étude scientifique pour la création d’indice de qualité (2008-2011).
  • Association des Naturalistes de l’Ariège, 2000. La mare : un écosystème d’une grande diversité, document pédagogique.
  • CAUE 76, 2006. Les albums du C.A.U.E. : les mares.
  • Zones Humides Finistère – Recreusement de mares.